Annelies4Prénom et nom:

Annelies Kusters

Âge:

32 ans

Surdité et mode de communication :

Annelies est sourde profonde. Elle parle néerlandais avec sa famille, en langue des signes avec les personnes qui parlent la langue des signes (langue des signes anglaise, indienne, flamande et également langue des signes internationale). Elle communique par écrit en allemand et en anglais à son travail en Allemagne.

Fonction:

Post-doctorante au “Max Planck Institute for the Study of Religious and Ethnic Diversity” (MPI), en Allemagne (http://www.mmg.mpg.de/departments/socio-cultural-diversity/scientific-staff/dr-annelies-kusters/)

Parcours scolaire:

J’ai été en intégration pendant tout mon parcours scolaire, après avoir passé les trois premiers mois de maternelle dans une école pour enfants sourds.
J’ai fait mes Secondaires successivement à l’Instituut Mariaburcht (1ère et 2ième années), à la Kindsheid Jesu (3ième et 4ième années)et au Sint Jozefinstituut (5ième et 6ième années).
Pour mes études supérieures, j’ai d’abord commencé par un Bachelier en Philosophie à la KUL (Katholieke Universiteit Leuven). Ensuite, toujours dans la même université, je me suis tournée vers un Master en Anthropologie culturelle et sociale.
J’ai également peaufiné ma formation avec un master et un PhD en « Deaf Studies » à l’Université de Bristol, en Angleterre. Après avoir épousé mon compagnon indien, j’ai passé trois ans en Inde. J’ai également mené des recherches ethnographiques à Paramaribo (au Suriname), à Adamorobe (au Ghana) et à Mumbai (en Inde).

Parcours professionnel:

Depuis septembre 2013, je réalise un post-doctorat ainsi que des recherches au “Max Planck Institute for the Study of Religious and Ethnic Diversity” (MPI), en Allemagne.

Difficultés rencontrées:

J’ai suivi un parcours d’études sur le thème des « Deaf Studies ». Il s’agit d’un domaine spécifique qui étudie les modes de vie, les expériences et les discours des personnes sourdes. J’ai senti qu’au bout d’un certain moment cela devenait assez restreint et démodé : les « Deaf studies », comme domaine de recherche, ont besoin d’un certain nombre d’innovations. Ce qui m’a plu, au MPI, c’est de pouvoir travailler sur un plus large panel de thèmes et appliquer cela sur les personnes sourdes. Et donc au final à contribuer à des innovations dans le cadre des « Deaf Studies ».

Les obstacles que je rencontre sont surtout d’ordre communicationnel. Par exemple, je dois passer en permanence par l’écrit pour communiquer avec mes collègues en Allemagne. Ça va, mais cela prend du temps. Lors des réunions et rencontres, quelqu’un écrit pour moi tout ce qui se passe. Généralement, les gens ont une attitude correcte envers moi, je ne me sens pas exclue. Mais malheureusement, il m’arrive quand même de manquer certaines informations. C’est dur pour tout le monde de se faire une place dans le monde de la recherche, et cela, pas seulement pour les personnes sourdes ! Mais il y a peu de subside et de financement pour la recherche en « Deaf Studies ». C’est un obstacle. Les études de linguistique concernant les langues signées sont davantage financées.

En Allemagne, avoir des interprètes en langue des signes pour des réunions est difficile. Je ne connais pas la langue des signes allemande. Du coup, durant les réunions qui durent plus de quelques heures, un ou deux interprètes (langue des signes britannique ou langue des signes internationale) viennent interpréter de et vers l’anglais parlé.

Conseils aux jeunes sourds:

Suivez votre désir ! Et réalisez ce que vous désirez réaliser ! Vous pouvez réussir ! Vous pouvez en vous activant ! Si vous voulez faire de la recherche, vous devez aimer lire, c’est un must ! Pareil pour aller à l’université. Voilà… !

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